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Junior est un jeune gars de Yaoundé, peintre en bâtiment de son état, voulait faire comme tous les vrais hommes, les hommes mâtures et grands dans la tête en cette période de fêtes : offrir un cadeau cadeau à sa go après avoir offert des fringues, des chaussures, bijoux, perruques et nouveau téléphone promis. Pour vous les immatures, c’est un suicide mais pour lui, un vrai homme, c’est rien d’extra, juste un geste pour montrer que, même si l’argent est dur, l’amour, lui, est toujours là.

Sauf que dans le Cameroun d’aujourd’hui, entre vouloir et pouvoir, il y a souvent un embouteillage de galère. Les contrats ne coulaient pas. Les promesses, comme d’hab, étaient en mode « je vais te rappeler ». Puis un jour, un coup de fil : un chantier ! Une vraie aubaine. Il saute dessus comme et commence avec rage, surtout comme sa bien aimée était déjà fâchée à cause du retard.

Le gars se donne à fond. Mur après mur, il peint avec cœur. Il sait que ce contrat, c’est son ticket pour faire plaisir à sa meuf, l’élue de son coeur, la future mère de ses enfants.

Mais voilà, vous savez déjà comment ces histoires dignes de telenovelas finissent..

Un matin, pendant qu’il est concentré à bien lisser un mur, le propriétaire de la maison débarque… accompagné d’une demoiselle. Une go. Étant à l’étage supérieur, Junior entend sa voix. Il fronce les sourcils. La voix ressemble bizarrement à celle de sa copine.

Mais non, ce n’est pas possible. Elle est censée être au village, chez une amie, pour un deuil. Il lui a même donné un peu de transport et sa contribution pour les obsèques, comme un gars mâture.

Mais quelque chose lui dit de descendre. Juste pour vérifier.

Il descend. Il regarde bien. Il regarde encore. Il regarde très bien.

WANDAFOUT ! C’est bien elle. En train de rigoler comme une collégienne avec le proprio. Proprio qui lui-même, quelques minutes avant, lui avait tapé sur l’épaule en lui disant : « Travaille bien mon petit, je pars chercher une petite là que je vais bien poutrer »

Junior reste figé. Le cœur fait un genre de triple salto. Le cerveau s’embrouille. Sa joie a été violemment débranchée.

La petite le voit et fais comme si elle ne l’a jamais connu

Il se souvient des textes de Muna Effatta qu’il lisait sur Facebook. Des textes qu’il trouvait misogyne

Et il finit par comprendre que LA MATURITÉ COUTE TROP CHÈRE.

THE DARK TENEBROUS, Muna Effatta

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